Du 7 au 9 mai, l'île volcanique de La Palma accueille la 16e édition de l'une des courses point à point les plus emblématiques du trail mondial. Avec plus de 3 000 coureurs venus de 50 nationalités et un label Coupe du Monde de Course en Montagne sur les formats courts, le week-end Transvulcania Terrex s'annonce comme l'un des plus relevés de son histoire.
Le week-end en bref
Quatre courses se partagent le volcan. L'Ultramarathon Transvulcania couvre 75 km et 4 350 m de dénivelé positif depuis le phare de Fuencaliente jusqu'à Los Llanos de Aridane. Le Marathon Transvulcania reprend les sections les plus dures dans un format réduit. Le Semi-Marathon et l'explosif Kilomètre Vertical servent d'étapes officielles à la Coupe du Monde de Course en Montagne.
Les favoris du marathon ultra masculin
L'Américain Ben Dhiman, installé en France, mène le startlist pour ses débuts à la Transvulcania. Il arrive avec une 2e place à l'UTMB 2025, un record du parcours à la Lavaredo et une victoire au Grand Raid Ventoux. L'Italien Andreas Reiterer revient après une deuxième place en 6 h 58 en 2025, tandis que Dmitry Mityaev compte déjà trois podiums (2018, 2019, 2024) et connaît chaque mètre de la route. Le Suédois Petter Engdahl, vainqueur en 2022, a aiguisé sa pointe de vitesse sur un récent 2 h 23 au Marathon de Boston. L'Américain David Sinclair, deuxième de la CCC 2025, complète un top relevé.
Le record masculin du parcours, 6 h 52 min 39 s signé Luis Alberto Hernando en 2015, tient depuis plus d'une décennie. Les conditions pourraient sérieusement le bousculer.
Les favorites du marathon ultra féminin
Ekaterina Mityaeva est la meilleure finisheuse de retour de 2025, où elle a bouclé l'épreuve en 8 h 36 pour la deuxième place. La Française Blandine L'Hirondel arrive avec sa victoire 2025 sur la Diagonale des Fous et un titre de championne du monde de trail. L'Australienne Lucy Bartholomew, septième de l'UTMB 2025, apporte un palmarès ultra très complet. La double tenante du titre Emelie Forsberg (Suède, 2013 et 2015) revient sur un parcours qu'elle a façonné. Le record féminin de Ruth Croft, 8 h 02 min 49 s en 2024, sera la ligne à viser.
Semi-Marathon et Kilomètre Vertical : la marée kényane
Chez les hommes, Philemon Kiriago (Kenya), tenant du titre de la Coupe du Monde de Course en Montagne et champion du monde 2025 du format up and down, est l'homme à battre sur le Semi-Marathon. Son compatriote Richard Omaya Atuya, vice-champion du monde 2025 de la course en montée, est le favori désigné du Kilomètre Vertical. L'Espagnol Daniel Osanz, vainqueur du Semi en 2024, défendra l'honneur ibérique aux côtés du spécialiste KV Andrea Elia (Italie) et de Sergio Álvarez (Espagne), battu de douze secondes l'an dernier sur le Semi.
Côté femmes, le scénario sent le récital kényan. Ruth Gitonga, gagnante de l'ouverture de saison à São Brás, fait figure de favorite générale. Joyce Njeru, quatrième de la Coupe du Monde 2025, dispute les deux disciplines après sa victoire au Changping Beijing Classic le week-end dernier. Philaries Kisang lance sa saison Coupe du Monde à La Palma. L'Italienne Camilla Magliano, leader actuelle de la Coupe du Monde, affiche la régularité la plus impressionnante du printemps, et l'Espagnole Silvia Lara, deuxième du KV 2025, connaît chaque pente de la montée.
Météo : une fenêtre de printemps idéale
La prévision de samedi annonce un jour de course très classique pour La Palma. Sur la côte, le mercure tournera autour de 19 à 21°C, avec près de douze heures de soleil et un alizé modéré du nord-est proche de 30 km/h. Le piège se situe en altitude. Au sommet du Roque de los Muchachos, à 2 426 m au-dessus de l'Atlantique, le thermomètre peut descendre à 5°C et l'exposition au vent y est forte. Les alizés empilent typiquement les nuages contre le versant est, laissant la descente ouest sèche et tranchante sous un soleil direct. Une coupe-vent et un sous-couche manches longues restent obligatoires dans le sac.
Les principales difficultés à anticiper
La Transvulcania ne pardonne rien. Trois sections décident souvent l'issue de la course.
- La Ruta de los Volcanes. La première grande montée quitte le phare de Fuencaliente et grimpe sur du sable volcanique noir, instable, entre cônes de cendres exposés. L'effort cumulé des 1 800 m de dénivelé jusqu'au refuge d'El Pilar dicte le ton de toute la journée.
- La crête sommitale du Roque de los Muchachos. Au-dessus de 2 000 m, le sentier se resserre sur l'arête de la Caldera de Taburiente. L'exposition est réelle et chaque effort cardiaque coûte plus cher en altitude.
- La descente finale vers Los Llanos. Depuis le sommet, les coureurs perdent plus de 2 000 m de dénivelé sur le rocheux GR-131. Les pierres basaltiques tranchantes et les single-tracks en pinède canarienne mettent les chevilles et les quadriceps à l'épreuve. C'est ici que les leaders craquent et que le milieu de tableau perd des heures.
La combinaison du sol volcanique instable, de l'altitude, de l'exposition solaire sur le versant ouest et d'une descente finale brutale place la Transvulcania Terrex parmi les courses de montagne les plus dures au monde. Le coup de feu masculin est attendu samedi matin à 6 h, heure locale. Le volcan est prêt.